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Jardin d’enfants

En octobre 1912, notre premier Jardin d’enfant fut inauguré.

Article du 20 septembre 2011, publié par PO (modifié le 20 septembre 2011 et consulté 1436 fois).

Théodore Beck : Mes souvenirs, 1890 - 1922

JARDIN D’ENFANTS

En octobre 1912, notre premier Jardin d’Enfants fut inauguré, sur le désir et sous les auspices de M. Jules SIEGFRIED, Président du Conseil d’Administration, sous la direction de Mlle C. MONOD et de son adjointe, Mlle A. BABUT, toutes deux versées dans la psychologie de l’enfant et que M. BECK, directeur de l’Ecole, avait envoyées étudier la méthode MONTESSORI en Italie. Notre Jardin a été un des premiers fondés à Paris et même en France. Il avait pour but l’éducation des enfants de 3 à 6 ans, âge où les petits reçoivent les premières impressions, où leur âme, disposée à l’origine au bien ou au mal, commence à se développer.

Il s’agissait de donner aux enfants les soins attentifs que le jardinier prodigue aux plantes délicates qui ne demandent qu’à s’épanouir, à fleurir, à porter des fruits, à répandre de délicieux parfums. De là le nom symbolique de « Jardin d’Enfants ».

Eveiller les petits à la vie et les y préparer, est une tâche difficile sans doute, mais combien belle !

Elle est d’autant plus difficile que, parmi les enfants, il n’y en a pas deux qui se ressemblent. Il faut donc que les maîtresses, « les Jardinières », étudient les caractères, les instincts, les dispositions naturelles des enfants qui leur sont confiés. Il faut qu’elle aient non seulement de l’expérience, mais encore beaucoup de patience, une grande bonté, un affectueux et toujours souriant dévouement.

L’Ecole Alsacienne n’a eu qu’à se louer d’avoir introduit dans ses programmes cet enseignement préscolaire, si utile aux petits qui ont tant besoin d’être aimés ; et les familles sont heureuses de savoir leurs trésors en bonnes mains.

A l’intérieur du Jardin, nous avons des tables, des chaises adaptées à la taille des petits, des armoires assez basses pour permettre à tous de les ouvrir et de les fermer. Dans l’une des pièces, il y a un piano dont les sons accompagnent les chants et dirigent les marches. Des images intéressantes sur les murs, des fleurs sur les meubles, des dessins faits par les premiers commençants, donnent à l’ensemble un air attrayant, une vivante gaîté.

A l’arrivée et au départ, nos petits amis, encore bien maladroits, apprennent à se dévêtir et à se revêtir, certains d’entre eux se rendant même utiles à leurs camarades moins dégourdis. Arrivés dans la salle, ils commencent à épousseter le mobilier, à veiller à l’ordre et à la propreté. Ils se livrent ensuite à des travaux proportionnés à leur âge et à leur goût ; ils les choisissent eux-mêmes et s’y appliquent avec plaisir, tout fiers, parfois d’une bruyante fierté, quand ils en sont venus à bout. Ces occupations sont précédées ou suivies de jeux qui exigent de l’attention et même de la réflexion. Il y a de ces jeux qui développent les sens, particulièrement la vue et le toucher, qui sont souvent trop négligés.

A ces occupations se joignent les exercices de gymnastique, en plein air si possible, les marches rythmées, les chansons, les premiers éléments du dessin, le jardinage et enfin les histoires enfantines racontées par les « Jardinières ».

Tous ces exercices obligent l’enfant à ne jamais être inactif. Les « Jardinières » y veillent avec soin. Elles apprennent aussi à leur petit monde à se bien tenir, à modérer sa turbulence, à ne faire de peine à qui que ce soit, à dire toujours la vérité, à obéir sans résistance. Pour y aider petits et grands, on a recours à de courtes leçons de silence, qui s’allient à la riante et joyeuse gaîté si nécessaire à la vie, quand elle ne dépasse pas les limites de la bienséance.

Notre Jardin d’Enfants a rendu, depuis son origine, de signalés services, non seulement parce qu’il est une pépinière, mais parce qu’il est la base d’une bonne et saine éducation.

Son renom a attiré beaucoup de visiteurs, parmi lesquels un grand nombre d’étrangers ; ils sont toujours frappés des méthodes employées pour entretenir l’entrain et la joie de la petite population scolaire. Du jardin, qui n’est pas une école, les petits passent en 11e, où ils apprennent à lire et à écrire ; ils suivent ensuite avec fruit la classe de 10e, confiée à une dame et où ils subissent la même influence morale, réellement éducative.

Nos premières « Jardinières », MIles MONOD, directrice, et BABUT, adjointe, ont fait merveille ; celles qui les ont remplacées, MIles E. DURAND et PERRONNET, adjointe (1915-1917), ont marché sur leurs traces.

Puis MIles ROBERTY (1917-1932) et DE MALPRADE (1917-1930) ont, par leur intelligence pédagogique et leur zèle, contribué à notre succès, pour le plus grand bien de la famille et de la société. Elles ont été remplacées par MIles GUIEYSSE, directrice, et GALLIENNE, adjointe, qui, elles aussi, comprennent bien leur mission et nous donnent toute satisfaction.

Nous ne devons pas oublier, pour finir, que Mlle FANTA, une des principales organisatrices des « Jardins d’Enfants » en France et présidente de l’Union Froebélienne, a créé au Collège Sévigné un cours pour la formation des « Jardinières ».

L’Ecole en a beaucoup profité, et elle est heureuse et fière que son Jardin d’Enfants soit considéré comme un modèle.

Au nom de l’Ecole Alsacienne, nous exprimons notre fervente reconnaissance à ces demoiselles qui ont rempli et remplissent encore un devoir sacré dont elles sont récompensées elles-mêmes par le résultat qu’elles obtiennent.

Le Jardin d’Enfants a été florissant autrefois, il l’est encore aujourd’hui.

Nous commettrions une faute en ne rappelant pas que c’est M. Jules SIEGFRIED père qui a introduit à l’Ecole Alsacienne le « Jardin d’Enfants ». Après avoir étudié lui-même la méthode suivie en Italie par Madame MONTESSORI, M. SIEGFRIED s’est toujours vivement intéressé à cette oeuvre, y appliquant, selon ses habitudes, une haute conscience et un remarquable esprit de réalisation.

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