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L’École alsacienne après la guerre

Nos jeunes amis ont été profondément émus...

Article du 16 septembre 2011, publié par PO (modifié le 16 septembre 2011 et consulté 547 fois).

Théodore Beck : Mes souvenirs, 1890 - 1922

L’ÉCOLE ALSACIENNE APRÈS LA GUERRE

Nos jeunes amis ont été profondément émus, pendant la guerre, par les souffrances et les deuils qui ont éprouvé bièn des familles ; on comprend qu’ils aient été dérangés dans leurs études.

Pendant les années 1919 et 1920, nos élèves et nos maîtres nous ont donné cependant des satisfactions qui ont été très appréciées. Mais les peines intimes ne nous ont pas été épargnées. Nous avons été très sensibles à la mort de M. Paul BOEGNER, fils de Strasbourg, préfet honoraire. En 1920, nous avons eu une déception qui est venue assombrir notre horizon scolaire ; le Conseil a dû accepter la démission de trois de nos professeurs, qui se destinaient à l’enseignement supérieur, celles de MM. FARAL, VERMEIL et FRÈRE. Le départ de M. FARAL, notre sous-directeur, premier agrégé, docteur ès lettres, a été pour nous une véritable perte. MM. VERMEIL et FRÈRE, agrégés et docteurs ès lettres, furent nommés, le premier à l’Université de Strasbourg, le second à l’Université de Nancy.

Ces nominations ne sont-elles pas un peu un honneur pour l’Ecole Alsacienne ?

Les années 1920 et 1921 ont été attristées par le départ de M. GRISIER qui, comme professeur, mais surtout comme économe, chargé d’affaires multiples, nous a rendu, pendant près de 50 ans, des services incomparables.

M. NOUVEL, maître impartial qui savait rendre ses leçons intéressantes et vivantes, a été pour la Direction et pour la Maison un précieux collaborateur. Il a été nommé sous-directeur au Collège Sainte-Barbe, dont il est aujourd’hui directeur.

C’est à cette époque (1921) que M. Théodore BECK, directeur, s’exprima ainsi en séance du Conseil : « Le moment approche où je devrai confier à des forces plus jeunes, plus énergiques, plus régulièrement actives la charge qui, quoique bien douce, commence à peser bien lourdement sur mes épaules. » Bientôt ce qui était officieux, devint officiel ; le 31 juillet 1921, la démission de M. BECK fut acceptée par le Conseil.

M. Jules SIEGFRIED père, M.le Comte de POURTALÈS, vice-président, exprimèrent leurs regrets au directeur, et le prièrent de rester. M.BECK resta à son poste jusqu’à Pâques 1922.

Il fallut alors nommer un nouveau directeur. La majorité des membres présents au Conseil proposa le sous-directeur, M. PÉQUIGNAT, agrégé de l’Université, pour succéder à M. BECK.

M. PÉQUIGNAT avait été interrogateur, puis professeur dans la classe de philosophie, où il était très apprécié ; il avait été nommé sous-directeur, deux ans auparavant, en remplacement de M. FARAL.

Le nouveau directeur, grâce à la souplesse de son esprit et à sa féconde initiative, fit bientôt valoir ses qualités professionnelles. Il remplit ses fonctions en s’y donnant tout entier, et se montra vraiment digne de la confiance qu’on lui témoignait. Sa nouvelle situation exigeait, en effet, du tact, de la prudence, mais surtout de l’énergie et de la bonté, une bonté sans faiblesse.

A ce moment l’Ecole Alsacienne fit une perte irréparable, celle de M. Jules SIEGFRIED, ancien Sénateur, qui, malgré ses nombreuses occupations, lui avait donné ce qu’il avait de meilleur en lui. C’était un homme idéal qui avait pour devise : « Vivre, c’est agir ». Il a été véritablement l’âme de notre Maison, pendant 22 ans. Son décès a été pour notre institution un deuil de famille. Il réunissait en lui les qualités du bon Alsacien et les vertus du bon Français ; patriote passionné, il fut une de ces forces, qui, au fond des ténèbres, croient à la lumière.

M. SIEGFRIED était soutenu, dans son activité, par son admirable femme qui, elle aussi, aimait l’Ecole Alsacienne.

La présidence du Conseil, fut dès lors offerte à M. Jules SCHEURER, Alsacien de marque, et passionné Français, membre du Sénat, où il représentait son pays natal. C’était, comme son prédécesseur, un homme de caractère ; il joignait à une haute conscience une remarquable énergie et un coeur d’or.

Malgré ses nombreuses occupations, il accepta la présidence qui lui était offerte, parce qu’il s’agissait d’une oeuvre de pur patriotisme, et aussi parce que l’Ecole Alsacienne avait été, depuis la guerre de 1870-71, un pont entre la France et les provinces brutalement annexées. M. Jules SCHEURER fut nommé à l’unanimité, par vote secret, dans la séance du 26 octobre 1922.

Bientôt après, ont été nommés vice-présidents MM. Léon PASQUIER et Julien MONOD, tous deux anciens élèves de la Maison où ils étaient appréciés et aimés. Un peu plus tard, M. Louis GRUNER, Ingénieur des Mines, ancien élève, a été nommé secrétaire à l’unanimité. C’était un choix excellent. En séance du 17 novembre 1923, M. de SAINT-ÉTIENNE fut nommé sous-directeur, en remplacement de l’inoubliable M. BAUER. Cet ami a rempli comme professeur de 7e, depuis 1876, et remplit encore, comme sous-directeur, ses fonctions avec autant de simplicité que de dévouement.

En 1923 déjà, le Conseil s’était réuni, pour discuter deux questions très importantes : l’Inauguration du Monument aux Morts pour la Patrie, et la célébration du Cinquantenaire de l’Ecole Alsacienne. Il fut décidé, après discussion, que le Monument, très simple, mais éloquent, serait inauguré le 26 janvier 1924.

A la rentrée d’octobre 1925, le Conseil d’Administration, trouva nécessaire le concours d’un second sous-directeur ; il nomma M. Henri MULLER, ancien proviseur du Lycée de Mulhouse, à côté de M. de SAINT-ÉTIENNE ; M. MULLER avait été chaleureusement recommandé par M. SCHEURER. Bientôt on eut la conviction que le directeur avait fait un excellent choix : car M. Henri MULLER s’avéra, en effet, un collaborateur expérimenté, qui ne se ménageait guère.

La même année (1926), M. le Comte de POURTALÈS, se sentant très fatigué, nous donna sa démission de vice-président. Il est impossible d’énumérer les services que nous a rendus cet homme distingué, par sa simplicité et sa générosité. Son nom et sa personne resteront gravés dans l’âme de l’Ecole. C’est aussi en 1926, que notre architecte, M. Gustave MARCHE GAY, a démissionné ; c’était un ami passionné du vrai et du beau.

Bien triste a été l’année 1927 ; d’abord, nous avons appris, avec une vive émotion, la démission de notre président, M. Jules SCHEURER, motivée par le fait qu’ayant abandonné son siège sénatorial, son séjour à Paris n’avait plus de raison d’être.

Son successeur, M. Jules SIEGFRIED fils, fut nommé par le Conseil dans la séance du 18 décembre 1927. Il remplit immédiatement ses nouvelles fonctions, en suivant les traces de son père.

Le Conseil a été attristé, la même année, par le décès de plusieurs de ses membres : MM. le Docteur REGNARD (de l’Académie de Médecine), WICKHAM (Docteur spécialiste), et FAVRE (Industriel de Mulhouse), qui tous avaient surtout en vue la prospérité de la Maison.

Je me fais un devoir exceptionnel de rappeler le souvenir de M. SIMONNET, notre professeur de mathématiques, un original, mais professeur hors ligne, très apprécié de ses élèves.

La même année (1928), M. HOLLANDE et M. le Docteur SCHLEMMER, nos anciens élèves, ont été nommés membres du Conseil d’Administration. En mai 1929, le Président a rendu hommage à la mémoire de M. YVER-JALAGUIER, un des plus anciens membres du Conseil et de l’Association. A la séance du 25 mai 1929, le président communiqua au Conseil, une lettre de M. le Docteur NETTER, membre de l’Académie de Médecine, qui annonçait sa démission, motivée par une surcharge de travail et aussi par un cruel deuil de famille ; bon Alsacien et bon Français, il aimait et aime encore sincèrement notre Maison. Son départ fut profondément regretté.

A la dernière séance du Conseil de l’année scolaire 1932-1933, le Colonel WALLNER, notre ancien élève, et M. DONNEDIEu de VABRES, professeur à la Faculté de droit, furent nommés membres du Conseil ; ce furent là de précieuses acquisitions.

Au dernier moment, nous avons le chagrin d’apprendre la mort d’un des plus anciens membres du Conseil, M. Edouard GRUNER, dont le père avait déjà été membre du premier Conseil d’Administration. C’était un homme de haute valeur intellectuelle et morale, dont l’âme vivait dans celle de l’Ecole.

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