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La vie est injuste

Article du 31 mai 2012, publié par PO (modifié le 31 mai 2012 et consulté 534 fois).

Il y a des mots qui résonnent dans la tête, qui blessent le cœur et l’âme et le travail de l’écrivain est peut-être de leur donner vie. Ces mots qui nous épient, qui nous mettent en danger face aux réalités, l’atelier d’écriture a décidé de les traquer et de les emprisonner afin qu’ils nous délivrent d’un passé trop pesant. Traces de vie sur la page, traces réelles ou imaginaires. Les mots sont là pour nous aider à vivre un peu mieux.

Injustice

J’ai froid. J’ai faim. Serré contre mon arbre, je regarde passer les gens. Nous sommes dimanche matin, enfin je crois. On m’a pris ma montre. On a vendu ma maison. Ma femme est partie. Avec mon fils. Le monde m’a exclu. Je regarde. Les familles. La joie des parents. L’insouciance des enfants. Tout cela, je l’ai perdu. Tout cela, j’ai dû l’abandonner. Tout cela a commencé il y a cinq mois. Ma boutique a fermé. Puis c’est ma banque qui a lâché. Et il y a eu cet accident. Deux mois d’hôpital, sans assurance, c’est cher, terriblement cher. Maintenant que je suis à la rue, j’ai compris que ma vie était incompréhensible que tout n’y était qu’incohérence et folie. Que j’avais vécu sans but, seulement avec des rêves. Que j’avais tout compliqué, tout assombrit. Maintenant, je ne cherche plus qu’à subsister. A manger. A boire. A dormir. Ma vie est coincée. Je pense dans le présent, plus dans l’avenir. Je vis sans lendemain.

Gabriel Vandamne


Un jour

Un jour, ils ont débarqué., ils ont débarqué. Ils étaient effrayants. Tout en noir. Pourquoi cela nous arrivait-il ? Pourquoi nous ? Pourquoi à cause d’un seul homme, tout allait être détruit ? A cause de l’étoile jaune que nous portons ?

Mais nous ne pouvons fuir. Ils sont là, à l’entrée en train de regarder nos papiers ; ça y est ! Ils ont découvert que ce sont des faux ! Pourquoi juger un nom ?

On fait nos valises, sans discuter. On sait ce qui nous attend. On se retrouve dans un train. On est serrés. Nous sommes des hommes, pas des sardines !

On arrive. Sur le quai, un homme qui porte une croix passe. Les hommes en noir le saluent, respectueusement. Puis ils se retournent vers nous, porteurs de l’étoile jaune. Ils nous méprisent. Pourquoi ? Nous ressemblons tous à l’homme qui vient de passer.

Noémie Plantier


La semaine dernière

La semaine dernière est arrivé quelque chose de… Il n’y a pas de mot pour expliquer cela. Un homme à moto, devant une école juive de Toulouse, s’est arrêté. Il est descendu et a tiré sur deux petits garçons puis sur leur père. C’est horrible.

Il s’est approché de l’école et a attrapé une petite fille qui courait, son cartable est tombé ; elle est revenue en arrière et l’homme l’a rattrapée. Il l’a prise par les cheveux et l’a tuée.

Il n’y a pas de mots pour expliquer ce geste, il n’y a pas de mots pour expliquer ce qui ne doit plus arriver.

Hannah Kemoun


Une injustice bouleverse, marque les autres ou soi-même. Préjugés ou égoïsme ?

Des enfants, une famille, un matin alors qu’on sort sans se douter, sans redouter.

Un homme un fou, car on ne peut exprimer cette injustice, car on ne peut trouver de mots pour la décrire. Une arme, l’attente, trois victimes, trois cœurs battant à l’unisson, des coups de feu, un silence, la mort. Car ils sont passés au mauvais moment ? Concours de circonstances. Car ils n’étaient pas comme cet homme voulait qu’ils soient ? Car il n’acceptait pas leur différence. Les préjugés demeurent plus forts que la peur. Car l’inégalité reste parmi nous et nous oppresse. On ne peut que demeurer stupéfaits et compatir. On ne peut qu’espérer plus de tolérance pour qu’un tel drame ne se reproduise pas !

Josépha Attal


La vie est injuste !

« La vie est toujours injuste, ma chérie ! ».

Voilà ce que dit et me répète ma mère à longueur de journée.

Elle l’a dit quand ma sœur est née, quand mon autre sœur est, quand mon frère est né et quand je suis mécontente !

Noémie Plantier


Certaines choses...

— Tu sais certaines choses sont maintenant tellement communes que les gens les considèrent comme normales. Ce n’est pas parce que tu vois tous les jours, des gens qui crèvent de faim que tu dois t’y habituer ! Tu ne peux pas tous les aider mais tu dois au moins leur prouver que tu ne les oublies pas.

Ces paroles, de ma grand-mère, je crois que je ne les oublierai jamais. Elles me sont revenues plus fortes quand j’ai commencé à prendre le RER tous les jours, et que j’y ai croisé la pauvreté et la faim continuellement, quand j’ai vu les gens qui n’y faisaient plus attention.

Alors je me suis mise à donner ce que j’avais, des sourires. J’ai souri à ces gens que je croisais tous les jours, ces gens que je ne connaissais pas et qui ne vivaient que dans l’injustice.

Ces gens qui au bout seulement d’une semaine, me demandaient de mes nouvelles et me bénissaient quand je passais.

Iris Valet


Enfin tranquille ?

Je suis tranquille enfin, J’ai renvoyé mon frère de ma chambre, lui qui mettait des miettes de cookies partout ! Mais c’est bizarre, d’habitude, il se serait vengé !

Je lis alors un livre allongé sur mon lit en profitant de cette tranquillité facilement gagnée. Soudain, ma mère entra en furie et hurla : « Anaëlle, viens ici tout de suite ! « 

Je me disais bien que mon très cher frère Nathan était trop calme et prompt à écouter ! J’arrivai dans sa chambre et je vis la veste préférée de ma mère, déchirée sur son lit.

— Mais qui a fait cela ? demandai-je.

— A ton avis ? répondit maman en pointant du doigt ma paire de ciseaux roses, qui était sur l’oreiller.

— Mais ce n’est pas moi, c’est n’importe quoi, j’aurais jamais osé ; en plus je la trouve jolie cette veste !

— Ce sont tes ciseaux et ça ne peut être Nathan car il était dans le jardin !

Ah, Nathan, je l’avais oublié ce traître.

— Mais oui, Anaëlle, franchement la belle veste de Maman, hein ? dit-il d’un air sadique.

Et voilà, je suis privée de baladeur pendant un mois ! Je le hais ! Heureusement ? Il me reste la lecture mais avant je compte bien me venger ! Alors j’ai une idée : je vais écrire sur le mur avec des fautes d’orthographe et laissé son stylo par terre. Ça y est ! Mon piège est en place !

— Anaëlle, viens immédiatement ! hurla ma mère.

Pourquoi moi, ça se voit que c’est Nathan qui a fait cela !

— Quoi ? Répondis-je d’un air innocent.

— Pourquoi as-tu écrit sur le mur ? Cela ne t’a pas suffi de massacrer ma veste ! Maintenant, tu passes au mur, je ne comprends pas !

— Mais tu vois bien que c’est Nathan !

— Nathan est parti !

— Mince ! Et maintenant je suis privée de lecture ! Quelle injustice !!

Anaelle Malka


Les conducteurs de bus sont méchants !

Ce jour-là dans le bus un homme au dehors a toqué à la vitre au feu rouge. Le conducteur ouvrit la porte, l’homme monta.

Six arrêts plus loin une femme demanda aussi au conducteur de monter, le conducteur l’ignora, la méprisant et avança. Je ne veux pas qu’on l’oublie, cette pauvre femme, victime de cette injustice !!


Amitié brisée. Cœur à nu

Mon exclamation de surprise demeura bloquée dans ma gorge. Mon cœur se serra, mes mains devinrent moites, elle partit sans jeter un regard en arrière, elle partit sans comprendre que la vérité m’avait blessée.

Au travers de ses lèvres, j’avais revécu mes mots et mes torts, mon amie était partie, m’avait tourné le dos, elle était partie sans avoir pris conscience des larmes qui coulaient sur mes joues, de mon menton qui tremblait et du chagrin qui m’assaillait.

Elle était partie voir ses autres amies. Sans savoir que je regrettai mon attitude égoïste, mon emportement stupide ; les yeux embués de larmes, je m’enfuis, je partis, dans un recoin sombre je pleurai, elle ne vint pas, elle ne sut pas…les minutes défilèrent…plus longues et meurtrières ; des enfants passèrent devant moi, ils ne me virent pas, personne ne comprit que penser était une souffrance et que pleurer était une délivrance.

Armé de courage, un peu plus tard, j’essuyai des larmes, je sortis de ma cachette et me dirigeai vers elle, je l’appelai, elle ne se retourna pas, elle ne m’écouta pas, elle partit encore une fois ; mon pardon demeura longtemps en moi.

Il crie, il pleure, il veut sortir mais elle ne m’écoutera pas !

La douleur m’accable, je songe à une réconciliation, je m’excuserai, je dirai pardon et elle me pardonnerait, mon cœur en fête pleurerait de joie, réparant la déchirure qui y était née. J’imagine notre amitié à nouveau consolidée.


Quiproquos et bobos

Je travaille dessus depuis trois ans. Je n’en voulais pas mais le temps me l’a apporté et maintenant, il faut faire face. Faire face cela me semblait simple mais finalement çà n’a pas été possible ; je m’en suis rendu compte hier et aujourd’hui je suis penché depuis des heures.

Aujourd’hui, je passe mon bac. Je connaissais tout du moins, je le croyais. Quelque chose, on l’oublie vite, bien, trop vite. J’ai été réduit à noircir ces petits bouts de papier. Le temps passe mais j’hésite. Dans ma trousse, ils sont tous alignés, annonçant des dates, des mots clefs. Etait-ce vraiment une bonne idée ? Aurais-je dû risquer tant ? Trop de questions me tourmentent…

Je ne sais pas quoi écrire, je lis mal les questions, mon stylo dérape, tache et noircit inutilement mes feuilles. Soudain jaillit devant moi une grande ombre. Le professeur tend la main vers moi. Son regard est implacable, sa voix égale. « Donne–les-moi ! »

Je n’avais rien à dire, rien à justifier. Je tremblais. J’oubliais tout le reste. Je les fis tous sortir de ma trousse, un à un. Ils gisaient sur la table devant moi, pliés, recroquevillés, comme s’ils pleuraient.

— Je parlai de tes feuilles. L’interrogation est terminée.

Gabriel Vandamme

École alsacienne - établissement privé laïc sous contrat d'association avec l'État

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